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Thés du Kenya

thé de la région de Kericho - Vue arienne

Le Kenya n’est pas un pays producteur de thé que les amateurs de thé citent spontanément. Pourtant c’est le premier exportateur mondial. Mais il produit surtout du thé industriel (appelé CTC) contrairement à d’autres pays réputés pour des production plus qualitatives que sont l’Inde ou le Sri Lanka par exemple.

Une production industrielle dans la tourmente

En 2023, le Kenya fait face à d’énormes stocks de thé invendus. Environ 100.000 tonnes des quelque 450 000 tonnes produites en 2023 n’a pas trouvé d’acheteurs.

Plusieurs expliquent ces contre-performances. En résumé, le thé Kenyan produit en masse ne correspond plus aux attentes des consommateurs internationaux qui recherchent des thés fins, aux vertus santé. Dans le jargon, on parle de thés orthodoxes.

Ajoutez à cela que les autorités kényanes ont imposé en 2021 un prix fixe minimal pour le thé vendu à l’export, soit 2,34 dollars le kilo. Hélas, trop cher pour la qualité moyenne. Les acheteurs se sont tournés vers d’autres pays d’Afrique : Tanzanie ou Rwanda.

Résultat : quelques années plus tard, à Mombasa, deuxième bourse mondiale du thé après Colombo au Sri Lanka, le gouvernement kényan a stoppé cette tentative de régulation pour relancer les ventes.

Un secteur clef de l’économie locale

Le thé occupe une place centrale dans la culture kényane. C’est un pilier de l’économie du pays. Un habitant sur 10 dépend de l’industrie du thé, selon l’Agence de développement du thé kényan (KTDA), qui représente 650.000 petits producteurs.

Les exportations de thé, principalement noir et de type CTC, rapportent 880 millions d’euros chaque année au pays. C’est le secteur qui rapporte le plus de devises après les fonds envoyés par les kenyans expatriés et devant le café, les cultures de fleurs, d’avocats et le tourisme.

De nouveaux objectifs pour l’avenir

Le Kenya fait donc de la culture du thé de bonne qualité sa nouvelle priorité, avec un objectif en vue : devenir un producteur de thés fins de premier ordre.

Le pays entends augmenter sa production de thés haut-de-gamme, dont le prix est plus élevé et la demande en croissance. On verra donc bientôt par exemple du thé blanc qualitatif en provenance du Kenya.

Le ministère souhaite aider en particulier les petites plantations de quelques km2 qui ont la flexibilité nécéssaire pour se convertir à ce mode de production. Le travail est colossal car les petits agriculteurs doivent se former à de nouvelles techniques sans avoir de visibilité sur les résultats pour le moment.

Un terroir de grande qualité

Le pays dispose cependant d’atouts. La qualité de son terroir est optimale à bien des égards. De nombreuses plantations sont situées à 2000 mètres d’altitude, là ou la température est idéale.

De nombreuses plantations sont installées sur des sols volcaniques qui peuvent apporter de nouvelles saveurs.

De plus, à la fin des années 1990, la Tea Research Foundation of Kenya a élaboré un nouveau cultivar violet (TRFK 306), variante du théier assamica.

Le TRFK 306 est issu d’une pollinisation ouverte de la lignée TRFK 91/1, et a été officiellement introduit en 2011. Ce cultivar se distingue par ses feuilles de couleur pourpre, dues à une teneur élevée en anthocyanes, un pigment naturel.

Ses feuilles sont riches en anthocyanidine, un antioxydant qui permet de développer un narratif marketing autour de ses bienfaits. Toutefois, cette richesse en polyphénols fait que le thé noir produit à partir de ce cultivar est très amer et astringent. Il faut donc y ajouter des fruits ou des arômes pour rendre son goût plus compatible avec le palais occidental.

Les meilleurs thés du Kenya

Plusieurs plantations sont réputées pour produire du thé de grande qualité, notamment grâce à des conditions climatiques idéales, des sols volcaniques riches et des pratiques agricoles soignées.

  • Plantation de Kaproret (district de Kericho) : située dans les hauts plateaux de Kericho, cette plantation est reconnue pour son thé noir de haute qualité. Les feuilles y sont souvent récoltées à la main, et le thé produit présente des notes florales et une infusion forte, très appréciée des connaisseurs.
  • Plantation de Saramek (Kericho aussi) : célèbre pour ses thés de qualité supérieure. Cette zone bénéficie d’une altitude élevée (environ 2 000 mètres) et d’un climat tropical humide, parfait pour la culture du thé Camellia sinensis var. assamica.
  • Plantation de Kiambethu (région de Limuru) : située près de Nairobi, dans la région de Limuru, Kiambethu est historique car c’est là que le thé a été planté pour la première fois au Kenya en 1903. Bien que plus petite, elle produit un thé artisanal de grande qualité.

Une tradition culturelle…

Le thé occupe une place centrale dans la culture kenyane, bien au-delà d’une simple boisson : il est un rituel social, un moment de partage et une source de réconfort quotidien.

Introduit au début du XXe siècle par les colons britanniques, comme en Inde, il s’est rapidement intégré aux habitudes locales, notamment grâce à la production massive dans des régions comme Kericho et Nandi Hills.

Les Kenyans boivent du thé à toute heure, souvent dès le réveil, puis en milieu de matinée, après les repas ou lors des pauses dans la journée. Cette consommation régulière peut atteindre des quantités impressionnantes, parfois jusqu’à deux litres par personne, surtout dans les zones rurales ou parmi les travailleurs physiques ou les agriculteurs.

Préparé traditionnellement avec du thé noir CTC pour une infusion rapide et corsée, il est mélangé à du lait frais et généreusement sucré, créant une boisson riche et réconfortante appelée chai.

Pour beaucoup, le thé est plus qu’un apport énergétique : il symbolise l’hospitalité et la convivialité. On le propose systématiquement aux invités, et refuser une tasse peut même être perçu comme impoli !

… et le secret des performances de Eliud Kipchoge ?

Dans plusieurs documentaires télévisés, on peut voir Eliud Kipchoge, le légendaire marathonien kenyan (seul homme sous les 2 heures au marathon), intégrer le thé dans sa routine alimentaire, au même titre que le riz. Une pratique courante parmi les coureurs kenyans.

Le thé, souvent consommé avec du lait et du sucre, est une boisson incontournable dans sa journée. Par exemple, il commence généralement sa matinée avec du thé accompagné de pain ou de fruits, comme des bananes, et aussi après ses entraînements. Cette combinaison simple lui fournit des glucides rapides et une hydratation légère pour récupérer.

Il le préfère sucré, ce qui ajoute une source d’énergie supplémentaire, essentielle pour soutenir son volume d’entraînement impressionnant (200 à 220 km par semaine). Contrairement aux boissons énergétiques sophistiquées, il privilégie cette approche naturelle et locale, en complément de plats comme l’ugali, les légumes (managu, sukuma) et occasionnellement du lait fermenté (mursik).

Guide thé et bien-être

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